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HISTOIRE DE LA CRIMINOLOGIE

 
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casablancacity


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MessagePosté le: Mar 16 Fév - 18:42 (2010)    Sujet du message: HISTOIRE DE LA CRIMINOLOGIE Répondre en citant

HISTOIRE DE LA CRIMINOLOGIE


Une vaste période pré-scientifique précède la naissance de la criminologie et son organisation en tant que discipline constituée.


L'histoire de la pensée criminologique commence avec les philosophes (Platon, Aristote) et les tragiques grecs (Eschyle, Euripide, Sophocle). Elle se poursuit à travers Rome (Sénèque),le christianisme (l'Enfer de Dante), la Renaissance (Thomas More et son Utopie), l'ére classique (Shakespeare et Racine), la philosophie des Lumières (Montesquieu, Voltaire, Rousseau et leur disciple Beccaria). Débute alors une période que l'on peut qualifier de pré-lombrosienne, où tout se met en place dans les sciences de l'homme (phrénologie, biologie, psychiatrie, statistique et sociologie) pour préparer une période nouvelle, où le phénomène criminel sera approché grâce à la méthode d'observation et d'expérimentation.

Citons ici notamment, le "Traité des dégénérescences physiques, intellectuelles et morales de l'espèce humaine" de Morel B.-A., Paris, 1857.

En 1876 paraît "L'homme criminel", de Lombroso, qui marque le point de départ de la criminologie scientifique. Autour de Lombroso, médecin italien, se forme une équipe pluridisciplinaire avec Ferri, professeur de droit et sociologue et Garofalo, magistrat. En 1881, Ferri publie sa fameuse "Sociologie criminelle", sous le titre "Les nouveaux horizons du droit pénal". En 1885, Garofalo publie "La criminologie" et donne son nom à la nouvelle science. Celle-ci se développera de 1885 à la guerre de 1914 à travers des "Congrès internationaux d'anthropologie criminelle" (Rome, 1885 - Paris, 1889 - Bruxelles, 1892 - Genève, 1896 - Amsterdam, 1901 - Turin, 1906 - Cologne, 1913). Le terme d'anthropologie criminelle avait été adopté pour rendre hommage à Lombroso, mais recouvrait en fait tous les aspects de l'étude du phénomène criminel.

La révolution épistémologique, qui débute avec les trois savants italiens, ne s'est pas accomplie d'un coup. Il traîne encore chez Lombroso des présupposés philosophiques, des ambiguïtés méthodologiques qui sont autant de signes d'une approche dogmatique qui se survit.

Il affirme que le dégénéré, incarnant un type spécial (le "mattoïde"), marqué de nombreux stigmates anatomiques et physiologiques, est voué fatalement au crime et à la déliquance par son organisation biologique. Lombroso aboutit à cette conclusion après avoir procédé à l'examen anthropométrique, médical et psychologique de plusieurs milliers délinquants vivants, puis comparé ces mesures à celles de crânes de malfaiteurs morts. Le "type criminel" est né, et porte à même le corps les signes de sa "folie morale" (c'est-à-dire de l'absence des prédispositions qui l'auraient rendu accessible aux sentiments moraux).

(LOMBROSO C., L'homme criminel , Paris, Alcan, 1887 -- sur les travaux de Lombroso et son influence, voir en particulier DARMON P., Médecins et assassins à la Belle Epoque , Paris, Seuil, 1989 ; Gould S. J., La mal-mesure de l'homme , Paris, Ramsay, 1983 et Tort P., "L'histoire naturelle du crime", in La raison classificatoire (quinzième étude), Paris, Aubier, 1989.)



Ajoutons encore que les stigmates relevés par Lombroso comprennent également un ensemble de caractères sociaux : il mettra en particulier l'accent sur l'argot des criminels (une langue qui leur est propre) et sur les tatouages (qui témoigne de leur insensibilité à la douleur et de leur goût atavique pour l'ornement).



Cette théorie rencontre, en Italie comme en France, toutes les faveurs des psychiatres qui étudient les rapports du crime et de la folie. Ainsi par exemple Féré, dès les premières pages de La famille névropathique , cite Lombroso pour affirmer que "le vice, le crime et la folie ne sont séparés que par les préjugés sociaux ; ils sont réunis aussi bien par leurs caractères psychologiques et morphologiques que par leur hérédité."(FERE Ch., La famille névropathique , Paris, Alcan, 1898 (2e éd.), p. 35.)

Plus loin, il précise :



"A la santé héréditaire correspond la beauté physique, à l'hérédité morbide correspond la laideur physique ; et on peut dire que la laideur physique accompagne au moins aussi souvent les dégénérescences intellectuelles que les dégénérescences somatiques, pour la bonne raison que l'une nécessite l'autre. Et parmi les maladies intellectuelles, nous comprenons la criminalité, qu'il est impossible de distinguer de l'aliénation : les criminels sont des dégénérés qui, à quelque âge qu'on les considère, ne diffèrent des autres ni par leurs caractères biologiques ni par leurs caractères anatomiques. Même lorsqu'il ne porte aucune malformation grossière extérieure, par le seul fait qu'il se montre incapable des adaptations héréditaires, le criminel doit être considéré comme un tératome."(FERE Ch., ibid , p. 236.)



Vient ensuite un tableau exhaustif et illustré des stigmates de la dégénérescence ("les signes de dissolution de l'hérédité") car, écrit Ferré, "ce qu'il importe le plus de rechercher pour dépister la prédisposition, ce n'est pas l'hérédité mais les signes objectifs de la dégénérescence".





Complétés par ceux de ses disciples italiens (Ferri, Garofalo), les travaux de Lombroso font toutefois l'objet d'une controverse avec les tenants de l'Ecole française du milieu social (Joly, Tarde, Lacassagne). Pour ces derniers, l'accent doit être mis, moins sur les facteurs héréditaires, que sur le rôle de l'environnement social dans lequel naît et vit le délinquant. La criminalité, écrit Tarde, est le fait d'une "corporation délinquante" qui se recrute et s'étend par un processus de "contagion imitative". Le criminel reste donc un agent pathogène dont l'existence menace le corps social, comme en témoignent encore ces propos de Lacassagne -- "le milieu social est le bouillon de culture de la criminalité ; le microbe, c'est le criminel" -- ou ceux de Bertillon expliquant que son système signalétique est destinée à combattre, "la classe des récidivistes, ces chevaux de retour contaminés plus profondément". On retrouve finalement un des axes du chiasme de la dégénérescence, celui, horizontal, de la contagion (ou de la "transmission par l'exemple" comme l'écrit encore Morel). Que le délinquant ne soit plus le produit d'une fatalité héréditaire, mais issu d'une catégorie professionnelle, n'entame donc en rien le concept du "type criminel".



Toutes ces thèses auront des échos prolongés, non seulement dans la littérature populaire et la presse qui célèbrent les adversaires résolus de "l'armée du crime", mais aussi auprès du législateur qui, l'articulant avec une véritable nosographie des délinquants, tente de définir une nouvelle hiéarchie des mesures pénales. Plus profondément, la nouvelle criminologie et l'anthropologie criminelle inspirent un véritable réaménagement du système de la vérité judiciaire. La prééminence des preuves personnelles (l'aveu ou le témoignage) est remise en cause pour accorder une place croissante à l'analyse, réputée objective, des indices. La culpabilité d'un délinquant est établie "scientifiquement" comme l'écrit P. Garraud (1913), c'est-à-dire :



"par la réunion et l'évaluation méthodique des constatations expérimentales sur les circonstances matérielles du délit (preuves physiques, chimiques, mécaniques, calligraphiques, professionnelles, toxicologiques, etc.) et, surtout, par les preuves individuelles et sociales relatives à la personne du délinquant (preuves anthropologiques, psychiques, psychopathologiques, etc.).(cité par PHELINE Ch., L'image accusatrice , Paris, Les cahiers de la photographie, 1985, p.58.)



Désormais, ajoute-t-il, ce qui importe au regard de la loi pénale, c'est "le danger social qui se manifeste par les antécédents du délinquant, sa vie et sa personnalité entière." Or c'est précisément le bertillonnage qui offre à l'institution judiciaire les moyens de cette consignation systématisée des antécédents des délinquants et des éléments de "leur personnalité entière".





Bertillon



Le système élaboré par Bertillon combine plusieurs techniques. L'anthropométrie est basée sur la mensuration de certaines parties du corps humain, la valeur et la précision de cet ensemble de mesures devant conférer à chaque individu une identité invariable et facilement démontrable.

La photographie permet de produire instantanément et de fixer durablement l'image d'un délinquant. Elle devient "judiciaire" car les procédures de prises de vue sont désormais codifiées : un dispositif fixe assure l'uniformité de la pose, de l'éclairage et de l'échelle de réduction, l'usage du portrait de profil est rendu impératif (Bertillon considère que la figuration latérale est la seule à donner "la plus exacte coupe anatomique de l'individualité") et un nouveau rétrécissement du cadrage est opéré.

Le "portrait parlé" peut se définir comme un nouveau mode de signalement : grâce un processus de parcellisations successives, chaque organe du visage est décomposé en caractères élémentaires ; sans recourir à aucun instrument, ses caractéristiques sont ensuite systématiquement relevées, codées et enregistrées sur une fiche signalétique. Le relevé des marques particulières (les cicatrices, les tatouages, les grains de beauté) consiste à localiser, sur la surface du corps du délinquant, des "points de détail, comme l'écrit Bertillon, qui suffisent pour affirmer l'identité d'un délinquant et le distinguer de ses semblables".









Remarquons tout d'abord que, contrairement à ses prétentions (et à une idée encore largement répandue aujourd'hui), Bertillon n'est pas le premier à avoir effectué des mesures anthropométriques sur des délinquants, ni même le premier à avoir intégré ce procédé ainsi que le relevé des marques particulières et la photographie signalétique, à un système global d'identification : les médecins, les psychiatres en particulier, ont systématisé toutes ces opérations depuis plus d'un quart de siècle.



Il faut également souligner que les procédés du bertillonnage ne sont qu'une traduction, parmi d'autres, de toutes les entreprises de cette fin de siècle dont l'objet est de connaître et de traquer la fraction dégénérée du corps social. Chez Morel, le repérage de la tare à travers le symptôme physique ou moral individuel s'étend au repérage de la dégénérescence comme qualification d'un certain nombre d'individus répartis en sous-groupes, en "races maladives". Chez Bertillon, l'identification d'un criminel, à travers le relevé des marques particulières notamment, s'étend au repérage de la déviance comme qualification d'une variété humaine dégénérée, celle des criminels. Locard, fidèle exégète de l' uvre de Bertillon et directeur du laboratoire de police scientifique de Lyon, reconnaît lui-même :



"[que] Parmi les trois catégories de marques particulières à relever comme signes d'identité , les grains de beauté, les cicatrices et les tatouages, l'étude de ce dernier signe est la préoccupation spéciale du policier amoureux de son art. Si, en Angleterre et au Japon, le tatouage a pu être l'apanage des classes aristocratiques, il n'en est pas de même chez nous. Importé de Polynésie, à la suite des voyages d'exploration du XVIIIème siècle, le tatouage est devenu l'insigne professionnel des apaches."(LOCARD E., La police. Ce qu'elle est, ce qu'elle devrait être , Paris, Payot, 1919.)



Il est encore intéressant de relever, s'agissant du "portrait parlé", le commentaire que Bertillon apporte à la description de sa méthode. Il demande aux policiers d'être particulièrement attentifs à l'organe auditif externe car, je cite :



"l'oreille, grâce à ces multiples vallons et collines qui la sillonent, est le facteur le plus important au point de vue de l'identification. Immuable dans sa forme depuis la naissance, réfractaire aux influences de milieu et d'éducation, cet organe reste, durant la vie entière, comme le legs intangible de l'hérédité et de la vie intra-utérine."(BERTILLON A., La photographie judiciaire , Paris, Gauthier-Villars, 1890.)



Comme en écho, à quelques années de distance, Locard ajoutera ceci :



"Un policier qui sait son état ne perd pas son temps à dévisager l'homme à reconnaître : il regarde son oreille gauche. En une seconde il est fixé. J'ai connu un criminel de marque qui n'avait plus d'oreille gauche. Il ne s'en était pas défait sans raison"(LOCARD E., ibid , 1919)





Il s'agit donc bien, à la fois de reconnaître pour identique, un individu à lui même, mais aussi, un individu à une classe présentant les mêmes caractères. Ces deux aspects sont indissociables car les marques (ou les stigmates) permettant d'établir l'appartenance d'un individu à une catégorie présupposée déviante (identité de criminel) sont autant d'indices pouvant servir à définir sa propre identité (identité du criminel). L'examen policier rénové par Bertillon a conforté, voire légitimé, le déterminisme de "l'homme criminel", réduit par les tenants de cette théorie à une figure abstraite et idéale. Le sujet, au sens psychanalytique du terme, s'efface derrière la figure emblématique du criminel.



En définitive, le bertillonnage condense de la façon la plus subjective tous les postulats propres aux théories de la prédisposition criminelle. En témoigne encore cette dernière rubrique, d'un "grand intérêt signalétique" précise Bertillon, de la fiche individuelle sur laquelle le policier doit livrer son "impression générale" et résumer ainsi ce qui ressort "de la race, de la nationalité et des antécédents sociaux" du délinquant.(BERTILLON A., Identification anthropométrique. Instructions signalétiques, Melun, Imprimerie administrative, 1893.) La subjectivité du policier se substitue à celle, effacée, du délinquant.





Exemple historique : l'affaire Dreyfus



Il est utile d'évoquer ici le rôle de Bertillon au cours de l'affaire Dreyfus. A la fin du mois de septembre 1894, les services de renseignements français interceptent un document qui va devenir célèbre sous le nom de "bordereau". Il s'agit d'une lettre non signée annonçant à un attaché militaire allemand l'envoi de documents français confidentiels. Le 15 octobre, un certain capitaine Dreyfus est arrêté et accusé d'avoir rédigé ce bordereau. A la fin du mois de décembre, le premier conseil de guerre de Paris juge à huis clos le capitaine. Cinq experts en graphologie sont conviés à se prononcer sur la paternité du bordereau, et parmi eux, Bertillon. Après quelques hésitations, il énonce un invraisemblable verdict : Dreyfus est non seulement un espion à la solde de l'Allemagne mais un imposteur. S'il existe des différences notoires entre le texte du bordereau et le graphisme des lettres du capitaine, c'est que Dreyfus a falsifié sa propre écriture : toujours dans sa perspective anthropométrique, Bertillon considère en effet que les détails de l'original sont les indices révélateurs d'une manipulation.(voir BREDIN J.-D., L'affaire , Paris, Julliard, 1983.)



L'antisémitisme notoire de Bertillon n'explique pas à lui seul cette retentissante erreur. Locard écrit en 1920 :


"Ce grand esprit, ailleurs si judicieux, croyait fermement à la culpabilité de Dreyfus. Il y croyait a priori. Il ne cherchait pas la solution du problème ; il l'avait en lui, puisqu'il avait la foi. Il cherchait seulement les arguments propres à rendre sensibles aux juges les dogmes qu'il avait charge de défendre. Etat de conscience le plus redoutable qui puisse obnubiler un homme en quête de vérité."(LOCARD E., L'enquête criminelle et les méthodes scientifiques , Paris, Flammarion, 1920)

Le raisonnement de Bertillon est absurde puisqu'il prétend, par avance, qu'un innocent est un coupable qui efface intentionnellement les traces d'un crime qu'il n'a pas commis. Son argumentation trouve sa logique à la seule condition d'admettre pour point de départ ce qu'elle était censée établir : la culpabilité du prévenu.


De fait, cette expertise n'est-elle pas l'expression la plus extrême du système de pensée de Bertillon qui a pu s'organiser à partir du postulat du coupable désigné, ou, comme l'on dit à l'époque, du "criminel-né" ? L'indexation des traits distinctifs opérée par la photographie judiciaire, le primat accordé à l'apparence anatomique dans le procédé anthropométrique, comme l'inspection systématique de la morphologie du visage dans celui du "portrait parlé", peuvent servir non seulement à identifier un individu, mais aussi à localiser, à isoler, et à répertorier, sur son corps, les caractères génériques de sa déviance. Mais face à Dreyfus, Bertillon semble un instant désemparé. Dreyfus n'a manifestement pas le physique de l'emploi. Qu'à cela ne tienne, sa tête d'innocent, comme son écriture, trahit son infamie.


Rien n'est d'ailleurs joué définitivement, tout au long de la période lombrosienne (1876 - 1914). Après la guerre, une réaction anti-lombrosienne se manifeste. Dominée par la généralisation des découvertes et intuitions de Freud, tout est remis en question, une fois de plus.


(*) in PINATEL, J., "Le phénomène criminel", MA Editions, Paris, Collection "le monde de...", 1987, pp45-46.


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MessagePosté le: Mar 16 Fév - 18:42 (2010)    Sujet du message: Publicité

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